Mercredi 10 juin 2009

Allemagne : 99 députés européens.

Participation : 43,3%

Répartition des principaux sièges : CDU 34, SPD 23, Die Grünen ( les verts) 14.

Dans le pays qui compte le plus grand nombre de députés au sein du parlement européen, Angela Merkel qui dirige la coalition CDU-CSU depuis 2005 peut avoir le sourire et remporte une victoire confortable lors de ces élections. Les sociaux-démocrates du SPD quant à eux essuient un échec retentissant et enregistrent leur score le plus faible pour une élection nationale depuis la seconde guerre mondiale. Bien qu'européennes, ces élections avaient en Allemagne plus valeur de test national avant la grande échéance législative prévue en Septembre prochain. Angela Merkel en sort renforcée.

A noter un détail presque cocasse, les français envoient autant de députés verts au parlement européen que l'Allemagne, pourtant réputée avant-gardiste en matière d'écologie.

Royaume-Uni : 72 députés européens.

Participation : 34,27%

Répartition des principaux sièges : 25 sièges pour les conservateurs, 13 pour les anti-européens, 13 pour le labour, et 11 pour les libéraux. Pas de poussée verte.

Le parti travailliste, mené par Gordon Brown, a connu lors de ces élections européennes sa pire défaite électorale depuis la première guerre mondiale. Si le labour tente de faire bonne figure et soutient encore officiellement le premier ministre anglais, les chiffres sont terribles pour ce parti. Avec 15,7% des voix, contre 27,7% aux conservateurs, le parti travailliste aura le même nombre de députés que le UKIP le parti nationaliste qui préconise l'indépendance du Royaume-Uni. Paradoxe du vote, n'est-il pas, des députés européens au parlement qui sont contre l'Europe !

Le débat qui agite actuellement les travaillistes consiste à savoir si Brown doit démissionner ou être désavoué par son parti. Pour le moment le parti espère une reprise miraculeuse de l'économie, que l'on oublie un peu la polémique récente sur les dépenses des députés et pense retarder les élections législatives jusqu'au printemps prochain. D'ici là, le labour party espère avoir trouvé un autre candidat plus attractif pour l'électorat travailliste ou du moins un candidat capable de limiter la défaite annoncée face aux conservateurs.

Italie : 72 députés européens.

Répartition des principaux sièges : 29 sièges pour le parti conservateur, 22 pour le centre-gauche. Pas de poussée verte.

Silvio Berlusconi pourrait s'estimer satisfait du résultat du vote italien dans la mesure où son parti le PDL (Pueblo de la Libertad) augmente son nombre de députés au parlement européen de 4 sièges, pendant que la principale formation d'opposition du pays le PD (Partido Democrata) de centre-gauche en perd trois. Néanmoins, le résultat du PDL, qui a récolté 35,2% des suffrages est jugé décevant par rapport aux sondages qui estimaient le PDL en mesure d'atteindre les 45%. Il Cavalliere a estimé que son résultat décevant était dû à la conjonction de trois événements défavorables : la demande de divorce de son épouse Veronica Lario, le transfert du footballeur brésilien Kaka du Milan AC au Réal Madrid, ainsi que le scandale autour de sa liaison présumée avec une jeune femme de 18 ans.

Le journal italien la Repubblica rapporte également que Berlusconi s'est plaint du manque de support de quelques personnalités de son parti, notamment du président de la chambre des députés (La Camara de los Diputados) Gianfranco Fini considéré comme le dauphin de Berlusconi. Des conflits internes au parti notamment en Sicile sont évoqués. D'ailleurs dans le Corriere Della Sera Berlusconi déclare "Ho fatto tutto da solo" c'est à dire "j'ai tout fait tout seul".

France : 72 députés européens.

Participation : 40,48%

Répartition des principaux sièges : UMP 29 sièges, PS 14, les Verts 14.

Si la victoire du parti du président de la République, Nicolas Sarkozy, en ligne avec le succès des principaux partis conservateurs en Europe, est le principal enseignement de l'échéance électorale européenne, le véritable fait marquant en France est la poussée impressionnante du parti Europe Ecologie qui obtient 16,2% des voix contre 7,41% pour les verts en 2004. Au delà de la personnalité charismatique de Daniel Cohn-Bendit, les écologistes ont évité le piège de passer leur temps à critiquer systématiquement Sarkozy et sa politique économique contrairement au centriste François Bayrou ou au Parti Socialiste. Europe Ecologie ne s'est pas trompée de campagne et a centré astucieusement les débats sur l'Europe et d'autres voies de développement économique axées sur l'Ecologie.

Daniel Cohn-Bendit n'a néanmoins pas éludé les questions plus nationales de la campagne. Par exemple, face au refus du Président Sarkozy d'envisager l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, Dany le Rouge a déclaré qu'en "Turquie, il y a beaucoup de personnes qui prennent comme modèle civique les institutions démocratiques européennes, et c'est précisément à ces personnes là que l'on veut claquer la porte au nez". Cette position n'est pas isolée en Europe et est à rapprocher de Martin Schulz, tête de liste du SPD allemand, favorable également à l'adhésion de la Turquie pour "établir un pont avec le monde musulman".  

Evidemment, le moment crucial de la campagne télévisuelle, d'autant plus fort qu'un seul débat télévisé a été diffusé à une heure de grande écoute, fût certainement sa confrontation avec François Bayrou qui a maladroitement centré le débat sur des questions personnelles plutôt que sur des questions européennes. Le Modem en a payé le prix fort semble-t-il.

Reste à savoir si cette poussée verte sera également de mise lors de scrutins nationaux... Si c'est le cas, peut-être verra-t-on un jour un Vert à la tête de la Mairie d'Aulnay Sous Bois !

Espagne : 50 Députés européens.

Participation : 46%

 

Répartition des principaux sièges : PP 23 sièges, PSOE 21 sièges, pas de poussée verte.

Sur les cinquante sièges dont dispose l'Espagne au parlement européen, 23 sont allés dans l'escarcelle du PP, le parti populaire de droite mené par Mariano Rajoy, et 21 au PSOE, mené par le premier ministre socialiste José Luis Zapatero.

Dans El Pais, Zapatero admet une usure modérée de l'exercice du pouvoir mais considère que ce n'est pas un indicateur d'une volonté de changement au sein du pays. Zapatero affirme que s'il y a avait eu volonté de changement, la participation aurait été plus forte et l'écart entre les deux partis (de 3,7 points) beaucoup plus large.  Les socialistes pensent payer les effets de la crise économique qui frappe durement le pays. Par ailleurs, l'irruption en pleine campagne européenne d'un pré-projet de loi permettant aux jeunes femmes âgées de 16 à 18 ans de pouvoir recourir à l'avortement sans l'autorisation préalable des parents a fortement secoué l'opinion publique espagnole, traditionnellement conservatrice sur ces questions.

Pologne : 50 députés européens.

Participation : 24,53%

Répartition des principaux sièges : PO chrétien-démocrates 23 sièges, PiS conservateurs 16 sièges.

A l'instar de la France, les polonais, enfin le peu qui s'est déplacé pour aller voter, ont porté leurs suffrages sur le parti au pouvoir à savoir le parti libéral Plateforme Civique PO (Platforma Obywateslka) du premier ministre Donald Tusk. Ce dernier s'est d'ailleurs félicité de ce succès obtenu dans une période de contexte économique difficile. Il voit d'ailleurs dans ce score en amélioration par rapport aux législatives de 2007 un nouveau signe de confiance de la population.

Le PiS, le parti conservateur droit et justice des frères Kaczynski, accuse un recul de 16 points par rapport à la formation en exercice en Pologne.

En conclusion

Au delà de la victoire nette et sans bavure des formations politiques de droite, le principal enseignement de cette élection au taux d'abstention record ( 19,64% de participation en Slovaquie par exemple) est le glissement des votes des formations socialistes vers des formations eurosceptiques ou nationalistes. Le meilleur exemple est le Royaume-Uni qui envoie autant de députés anti-européens que de députés travaillistes. Les Pays-Bas également reflètent bien cette tendance en plaçant le PVV (Parti pour la liberté) ouvertement xénophobe et anti-européen comme seconde force politique du pays. Le PVV aura 4 députés sur 25. Même tendance en Finlande, où le parti des vrais finlandais également eurosceptique et nationaliste réalise une percée impressionnante dans le pays et envoie 1 député européen au parlement.

Pour terminer sur une note plus optimiste, on signalera, en pleines lois sur l'internet en France, l'arrivée d'un pirate au parlement européen. C'est la Suède et son parti des pirates qui réalisent cette prouesse. Cette nouvelle formation politique, qui demande la légalisation des échanges gratuits de fichiers sur internet et dénonce la dérive sécuritaire qui menace la vie privée des internautes, réalise une percée remarquable en obtenant 7% des votes Suédois.

Enfin saluons le civisme de la Belgique qui affiche un impressionnant 90% de taux de participation.

La rédaction d'Aulnay.Vrai, Louise Werner, Daniel Cantin, Guillaume Leclerc, André Letissier.

Par André Letissier - Publié dans : Elections
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Vendredi 5 juin 2009

Le Front National a toujours le sens de la formule : "contre l'arnaque européenne !". La démonstration est assez simpliste : l'Europe devait nous protéger de la crise, nous garantir le plein emploi, la prospérité, la protection sociale et la crise actuelle démontre que l'Europe est un véritable désastre économique et social. Mais le déclin n'est pas une fatalité annonce le FN, il faut changer l'Europe pour sauver la France.

Protection nationale, indépendance alimentaire, sécurisation des frontières, que du classique avec évidemment ce constant rappel de la préférence nationale. La préférence nationale, une formule choquante disons-le tout net. C'est un peu comme si je réservais le paquet de gâteaux du quatre heures de mes enfants pour eux seuls, sans le partager avec les petits qu'ils ont croisé au bac à sable. C'est une image, mais je la vois souvent au Parc Ballanger, des tas d'enfants qui ne se connaissent pas et les familles qui se mélangent avec distribution des paquets de gâteaux pour tout le monde. Pas de préférence, juste le plaisir de partager. Je sais que les choses ne sont pas si simples, mais c'est cette image de partage là que je préfère conserver.  

Rappelons que le FN est crédité de 5,5% d'intentions de vote.

Le vendéen Philippe De Villiers lorsqu'il n'écrit pas les textes des spectacles de nuit présentés au Puy-Du-Fou siège au parlement européen. Il apparait cette fois-ci sur la liste Libertas2009. Qualifiée souvent de Le Pen light, Libertas2009 se propose de construire une Europe vraiment européenne, donc sans la Turquie. Dans le même temps, il faut également protéger l'identité française, à savoir la chasse, la pêche et nos terroirs.

L'idée de protection est récurrente, puisque cette liste préconise un retour au protectionnisme européen avec l'instauration de protections douanières européennes pour protéger les emplois en évitant les délocalisations.

Attachement aux valeurs, comme la famille, aux traditions, la France doit garder son identité au sein de l'Union Européenne. Cette liste est annoncée avec 6% des intentions de vote.

Guillaume Leclerc

Par André Letissier - Publié dans : Elections
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Vendredi 5 juin 2009

Avez-vous remarqué qu'en additionnant les intentions de vote respectives des listes NPA (7%), Front de Gauche (5,5%) et Lutte Ouvrière (1,5%) telles qu'indiquées dans les récents sondages on obtient la troisième force politique potentielle du pays dans ces élections européennes ? Il y a des divisions qui coûtent cher.

Le slogan de NPA, nouveau parti anticapitaliste, est cinglant : "Pas question de payer leur crise !". Sauf que cette crise les salariés sont déjà en train de la payer et au prix fort. Vu sous cet angle ce slogan parait déjà caduc.

Pour NPA le capitalisme est en faillite. Une petite minorité de riches est responsable de la crise, pendant qu'une majorité en paie le prix. Le problème est que cette majorité qui subit semble divisée. Pour NPA il faudrait coordonner les mécontents dans un mouvement commun de résistance à la logique capitaliste basée sur le profit et le productivisme. Sont cités en exemple les récentes luttes en Guadeloupe et Martinique, ainsi que le soulèvement de la jeunesse grecque censés donner l'exemple pour une mobilisation générale.

En résumé, le Nouveau Parti Anticapitaliste préconise une rupture radicale avec notre modèle économique en proposant notamment l'interdiction des licenciements, le partage du temps de travail, la suppression de la TVA et le blocage des prix pour les produits de première nécessité. Il y a sans doute des pistes à creuser, mais quand on sait que la TVA rapporte 126 milliards d'euros de recettes à l'Etat et que le déficit budgétaire annoncé en 2009 se situe à plus de 100 milliards d'euros, supprimer la TVA s'avère une hypothèse de travail impossible en l'état actuel des choses.

NPA remet en cause le caractère démocratique de l'Europe en stigmatisant notamment le traité de Lisbonne, celui qui permet de passer outre les rejets français et hollandais survenus lors des référendums  sur la constitution européenne.

Enfin on dira que NPA appelle explicitement à un vote sanction contre Nicolas Sarkozy donnant une tournure nationale à un scrutin européen.

Le Front de Gauche emmené notamment par Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon propose sensiblement la même chose que le NPA. Interdiction des licenciements, smic européen, remise en cause du traité de Lisbonne...

Lutte Ouvrière soutenue par Arlette Laguiller est fidèle à ses thèmes de prédilection, à savoir la défense des travailleurs et des classes populaires.

Louise Werner

Par André Letissier - Publié dans : Elections
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Vendredi 5 juin 2009

Représentée par le trio emblématique, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové, Europe Ecologie est la dernière formation créditée de plus de 10% d'intentions de vote dans les sondages. C'est une bonne nouvelle pour le réchauffement climatique. Il est rappelé qu'à la fin de l'année tous les pays du monde se réuniront à Copenhague pour relever le grand défi du siècle : éviter que le réchauffement climatique ne s'emballe et ne nous précipite dans le déclin économique et les catastrophes naturelles.

Que dire des thèmes abordés par le groupe Vert au parlement Européen. Ils sont naturels et légitimes pour quiconque souhaite protéger l'environnement :

- une agriculture paysanne, biologique, et une alimentation saine sans pesticide ni OGM. La réforme de la PAC de 2013 doit selon Europe Ecologie être l'occasion de réorienter les aides vers des productions agricoles de qualité, respectueuses des sols, des eaux et de la nature.

- utiliser les énergies renouvelables pour réduire la consommation et les factures énergétiques, sortir du nucléaire, et lutter contre le réchauffement climatique.

- la protection de la nature et de la biodiversité.

On y retrouve les fameux 10 millions d'emplois de l'économie écologique, qui seront des emplois qualifiés et non délocalisables, pour ce dernier point on se demande comment. On parle également d'un bouclier social européen pour une répartition plus juste des richesses.

Enfin une idée originale, une prévention européenne des maladies du mode de vie comme le cancer, l'asthme, l'obésité ou l'hypertension.

Pour terminer, Europe Ecologie ne veut pas d'une Europe-forteresse et de ses dérives sécuritaires.

Europe Ecologie ambitionne donc de sauver la planète et nous avec. C'est le moins que l'on puisse attendre des écologistes. Leur message sera-t-il entendu ? Le résultat français sera intéressant à observer pour constater ou non un regain d'intérêt de notre population envers les préoccupations environnementales.

A noter également pour être exhaustif, l'existence de deux autres listes écolos qui ne semblent pas en mesure de faire de l'ombre à Europe Ecologie :

- L'Alliance Ecologiste Indépendante avec ,entre autres, Francis Lalanne, Antoine Waechter et Patrice Drevet ancien Monsieur Météo à France 2 ,qui nous informe que produire 1 kilo de viande requiert 10 kilos de céréales, donc 10 000 litres d'eau douce. Conclusion : et si on mangeait moins de viande ?

- La terre sinon rien, qui se déclare ni de gauche, ni de droite, mais de la terre. Cette liste nous invite notamment à passer du P.I.B (Produit Intérieur Brut) au B.I.B (Bonheur Intérieur Brut) nouvel indicateur économique.

André Letissier

Par André Letissier - Publié dans : Elections
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Vendredi 5 juin 2009

François Bayrou et son modem sont à la traîne dans les sondages. Avec 12% d'intentions de vote, le modem est talonné par Europe Ecologie qui postule à la troisième place sur le podium.

Le modem se caractérise par son humanisme et propose que l'Europe devienne celle des citoyens. Il souhaite organiser des débats publics préalables aux décisions européennes pour que chacun puisse exprimer son avis par l'intermédiaire des élus, des associations ou des syndicats. Une démocratie participative européenne en quelque sorte. Le tract est composé de 27 axes qui évidemment brassent l'ensemble des aspects économiques, fiscaux, sociaux, sécuritaires et écologiques de l'Europe.

 Quelques thèmes intéressants se distinguent des autres partis :

 - donner la priorité au développement des pays pauvres en leur permettant de protéger leurs marchés agricoles et de valoriser leurs matières premières.

- assurer l'apprentissage de deux langues européennes et de l'histoire de l'Europe dans les programmes scolaires. Développer les échanges pour les étudiants et pour les apprentis avec un nouveau programme Erasmus, accessible à tous et soutenu par un système de bourse.

Le modem, enfin, garantit une présence assidue et une participation active aux travaux du Parlement Européen. Voilà l'occasion de parler de l'excellent site http://votewatch.eu./ qui présente à la fois l'ensemble des députés européens élus en 2004, leur assiduité, leur profil et les questions ou discours qu'ils ont prononcés pendant leur mandat. C'est en anglais, mais très bien fait. Le plus simple est d'aller dans la section Search Members of the European Parliament, vous sélectionnez la France dans All Member States et vous aurez accès à la liste exhaustive de nos représentants au Parlement Européen.

Daniel Cantin

Par André Letissier - Publié dans : Elections
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