Partager l'article ! Elections Européennes de 2009... Petit Tour d'Europe.: Allemagne : 99 députés européens. Participation : 43,3% Répar ...
Allemagne : 99 députés européens.
Participation : 43,3%
Répartition des principaux sièges : CDU 34, SPD 23, Die Grünen ( les verts) 14.
Dans le pays qui compte le plus grand nombre de députés au sein du parlement européen, Angela Merkel qui dirige la coalition CDU-CSU depuis 2005 peut avoir le sourire et remporte une victoire confortable lors de ces élections. Les sociaux-démocrates du SPD quant à eux essuient un échec retentissant et enregistrent leur score le plus faible pour une élection nationale depuis la seconde guerre mondiale. Bien qu'européennes, ces élections avaient en Allemagne plus valeur de test national avant la grande échéance législative prévue en Septembre prochain. Angela Merkel en sort renforcée.
A noter un détail presque cocasse, les français envoient autant de députés verts au parlement européen que l'Allemagne, pourtant réputée avant-gardiste en matière d'écologie.
Royaume-Uni : 72 députés européens.
Participation : 34,27%
Répartition des principaux sièges : 25 sièges pour les conservateurs, 13 pour les anti-européens, 13 pour le labour, et 11 pour les libéraux. Pas de poussée verte.
Le parti travailliste, mené par Gordon Brown, a connu lors de ces élections européennes sa pire défaite électorale depuis la première guerre mondiale. Si le labour tente de faire bonne figure et soutient encore officiellement le premier ministre anglais, les chiffres sont terribles pour ce parti. Avec 15,7% des voix, contre 27,7% aux conservateurs, le parti travailliste aura le même nombre de députés que le UKIP le parti nationaliste qui préconise l'indépendance du Royaume-Uni. Paradoxe du vote, n'est-il pas, des députés européens au parlement qui sont contre l'Europe !
Le débat qui agite actuellement les travaillistes consiste à savoir si Brown doit démissionner ou être désavoué par son parti. Pour le moment le parti espère une reprise miraculeuse de l'économie, que l'on oublie un peu la polémique récente sur les dépenses des députés et pense retarder les élections législatives jusqu'au printemps prochain. D'ici là, le labour party espère avoir trouvé un autre candidat plus attractif pour l'électorat travailliste ou du moins un candidat capable de limiter la défaite annoncée face aux conservateurs.
Italie : 72 députés européens.
Répartition des principaux sièges : 29 sièges pour le parti conservateur, 22 pour le centre-gauche. Pas de poussée verte.
Silvio Berlusconi pourrait s'estimer satisfait du résultat du vote italien dans la mesure où son parti le PDL (Pueblo de la Libertad) augmente son nombre de députés au parlement européen de 4 sièges, pendant que la principale formation d'opposition du pays le PD (Partido Democrata) de centre-gauche en perd trois. Néanmoins, le résultat du PDL, qui a récolté 35,2% des suffrages est jugé décevant par rapport aux sondages qui estimaient le PDL en mesure d'atteindre les 45%. Il Cavalliere a estimé que son résultat décevant était dû à la conjonction de trois événements défavorables : la demande de divorce de son épouse Veronica Lario, le transfert du footballeur brésilien Kaka du Milan AC au Réal Madrid, ainsi que le scandale autour de sa liaison présumée avec une jeune femme de 18 ans.
Le journal italien la Repubblica rapporte également que Berlusconi s'est plaint du manque de support de quelques personnalités de son parti, notamment du président de la chambre des députés (La Camara de los Diputados) Gianfranco Fini considéré comme le dauphin de Berlusconi. Des conflits internes au parti notamment en Sicile sont évoqués. D'ailleurs dans le Corriere Della Sera Berlusconi déclare "Ho fatto tutto da solo" c'est à dire "j'ai tout fait tout seul".
France : 72 députés européens.
Participation : 40,48%
Répartition des principaux sièges : UMP 29 sièges, PS 14, les Verts 14.
Si la victoire du parti du président de la République, Nicolas Sarkozy, en ligne avec le succès des principaux partis conservateurs en Europe, est le principal enseignement de l'échéance électorale européenne, le véritable fait marquant en France est la poussée impressionnante du parti Europe Ecologie qui obtient 16,2% des voix contre 7,41% pour les verts en 2004. Au delà de la personnalité charismatique de Daniel Cohn-Bendit, les écologistes ont évité le piège de passer leur temps à critiquer systématiquement Sarkozy et sa politique économique contrairement au centriste François Bayrou ou au Parti Socialiste. Europe Ecologie ne s'est pas trompée de campagne et a centré astucieusement les débats sur l'Europe et d'autres voies de développement économique axées sur l'Ecologie.
Daniel Cohn-Bendit n'a néanmoins pas éludé les questions plus nationales de la campagne. Par exemple, face au refus du Président Sarkozy d'envisager l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, Dany le Rouge a déclaré qu'en "Turquie, il y a beaucoup de personnes qui prennent comme modèle civique les institutions démocratiques européennes, et c'est précisément à ces personnes là que l'on veut claquer la porte au nez". Cette position n'est pas isolée en Europe et est à rapprocher de Martin Schulz, tête de liste du SPD allemand, favorable également à l'adhésion de la Turquie pour "établir un pont avec le monde musulman".
Evidemment, le moment crucial de la campagne télévisuelle, d'autant plus fort qu'un seul débat télévisé a été diffusé à une heure de grande écoute, fût certainement sa confrontation avec François Bayrou qui a maladroitement centré le débat sur des questions personnelles plutôt que sur des questions européennes. Le Modem en a payé le prix fort semble-t-il.
Reste à savoir si cette poussée verte sera également de mise lors de scrutins nationaux... Si c'est le cas, peut-être verra-t-on un jour un Vert à la tête de la Mairie d'Aulnay Sous Bois !
Espagne : 50 Députés européens.
Participation : 46%
Répartition des principaux sièges : PP 23 sièges, PSOE 21 sièges, pas de poussée verte.
Sur les cinquante sièges dont dispose l'Espagne au parlement européen, 23 sont allés dans l'escarcelle du PP, le parti populaire de droite mené par Mariano Rajoy, et 21 au PSOE, mené par le premier ministre socialiste José Luis Zapatero.
Dans El Pais, Zapatero admet une usure modérée de l'exercice du pouvoir mais considère que ce n'est pas un indicateur d'une volonté de changement au sein du pays. Zapatero affirme que s'il y a avait eu volonté de changement, la participation aurait été plus forte et l'écart entre les deux partis (de 3,7 points) beaucoup plus large. Les socialistes pensent payer les effets de la crise économique qui frappe durement le pays. Par ailleurs, l'irruption en pleine campagne européenne d'un pré-projet de loi permettant aux jeunes femmes âgées de 16 à 18 ans de pouvoir recourir à l'avortement sans l'autorisation préalable des parents a fortement secoué l'opinion publique espagnole, traditionnellement conservatrice sur ces questions.
Pologne : 50 députés européens.
Participation : 24,53%
Répartition des principaux sièges : PO chrétien-démocrates 23 sièges, PiS conservateurs 16 sièges.
A l'instar de la France, les polonais, enfin le peu qui s'est déplacé pour aller voter, ont porté leurs suffrages sur le parti au pouvoir à savoir le parti libéral Plateforme Civique PO (Platforma Obywateslka) du premier ministre Donald Tusk. Ce dernier s'est d'ailleurs félicité de ce succès obtenu dans une période de contexte économique difficile. Il voit d'ailleurs dans ce score en amélioration par rapport aux législatives de 2007 un nouveau signe de confiance de la population.
Le PiS, le parti conservateur droit et justice des frères Kaczynski, accuse un recul de 16 points par rapport à la formation en exercice en Pologne.
En conclusion
Au delà de la victoire nette et sans bavure des formations politiques de droite, le principal enseignement de cette élection au taux d'abstention record ( 19,64% de participation en Slovaquie par exemple) est le glissement des votes des formations socialistes vers des formations eurosceptiques ou nationalistes. Le meilleur exemple est le Royaume-Uni qui envoie autant de députés anti-européens que de députés travaillistes. Les Pays-Bas également reflètent bien cette tendance en plaçant le PVV (Parti pour la liberté) ouvertement xénophobe et anti-européen comme seconde force politique du pays. Le PVV aura 4 députés sur 25. Même tendance en Finlande, où le parti des vrais finlandais également eurosceptique et nationaliste réalise une percée impressionnante dans le pays et envoie 1 député européen au parlement.
Pour terminer sur une note plus optimiste, on signalera, en pleines lois sur l'internet en France, l'arrivée d'un pirate au parlement européen. C'est la Suède et son parti des pirates qui réalisent cette prouesse. Cette nouvelle formation politique, qui demande la légalisation des échanges gratuits de fichiers sur internet et dénonce la dérive sécuritaire qui menace la vie privée des internautes, réalise une percée remarquable en obtenant 7% des votes Suédois.
Enfin saluons le civisme de la Belgique qui affiche un impressionnant 90% de taux de participation.
La rédaction d'Aulnay.Vrai, Louise Werner, Daniel Cantin, Guillaume Leclerc, André Letissier.
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